Le jour où...

Créé le mercredi 14 juin 2017 16:50

Parfois, dans la vie, on traverse des périodes étranges, inquiétantes. Ca a été le cas de la maman de Luna… Beaucoup de larmes, d’incompréhension, une grosse frayeur, mais finalement… TOUT VA BIEN. Alors pour dédramatiser, on a décidé d’en parler…

Ma petite fille, je l’aime plus que tout au monde. Pourtant, il y a six mois, il m’est arrivé quelque chose d’étrange, que je n’ai osé avouer à personne tellement j’étais mal à l’aise. C’était une période difficile. Luna* avait environ 18 mois, et elle était visiblement en avance sur la période du « non » systématique. Et là, ce weekend, elle n’arrêtait pas de pleurnicher, pour tout, pour rien. Quoi que je fasse, c’était des couinements, des pleurs, des caprices. Je ne sais pas ce qui se passait, mais ça se passait très mal.

Le papa de Luna est militaire, et à ce moment, il était en déplacement depuis plusieurs mois. Forcément, ce n’était pas rose tous les jours. Quand il y a un papa présent, c’est plus facile, on peut se déléguer les tâches, se soutenir, s’épauler… Là, j’étais à bout. A 8h du matin, on en était à la sixième colère. Je me sentais coupable, j’entendais autour de moi des « Moi, mes enfants ont bien tenté les caprices, mais je ne les ai pas laissé faire ». Bien sûr. Je la « laissais faire ». Je ne savais pas m’y prendre. C’est ma faute, c’est ça ?

Impression souvent ressentie par une mère qui s’occupe de son unique petite fille…

En regardant Luna hurler pour ne pas mettre ses chaussettes, j’ai eu un mouvement de recul. Je me suis dit « en fait, je ne l’aime pas ». Cette pensée s’est installée, je n’arrivais pas à m’en défaire. Je me répétais en boucle que je n’arrivais pas à prendre soin de ma fille, qu’elle serait mieux sans moi. Et quand on en vient à se dire qu’on n’aime plus son enfant, c’est bien la preuve qu’on est une mauvaise mère, non ? J’ai eu envie de partir, loin. Oui, j’ai eu envie d’abandonner mon enfant. Comment avouer ça ? Comment en parler sans être jugée, dénigrée, rabaissée ? Je n’ai rien dit. J’ai continué à m’en occuper, en m’assurant qu’elle ne manquait de rien, qu’elle allait bien. Je lui donnais son bain, ses repas, je jouais avec elle, je lui lisais ses histoires…

J’avais l’impression de vivre une imposture. Le rejet que je ressentais pour elle me brûlait comme un fer rouge. Et ce n’est pas une image, j’avais physiquement mal de constater l’inimaginable : j’aurais voulu être loin, très loin de mon enfant.

Ca a duré deux jours.

48 heures de souffrance, d’angoisse. Le lendemain, un repas était prévu avec mes amis. Ma fille a pu jouer avec ses petits camarades, et mes amis se sont occupés d’elle. Sauf que je ne pouvais que me rendre compte de l’évidence : Luna réclamait ses « taties » et ses « tontons » plus qu’elle ne me réclamait moi… Mon sentiment d’inutilité se renforçait. Après le déjeuner, nous sommes rentrées toutes les deux. Luna était fatiguée, elle s’est endormie sans rechigner pour une longue sieste. Moi, j’étais au bout du bout du bout du monde. Je voulais prendre le premier avion, tout laisser derrière moi. Je n’arrêtais pas de me dire qu’il y a des femmes faites pour la maternité et d’autres qui ne l’étaient pas, et que j’étais de ces dernières.

Culpabilité, ça rime bien avec maternité, non ?

Mirakeule !

Quand Luna s’est réveillée, elle est venue me voir, au lieu de pleurer comme elle le faisait toujours dernièrement. Ses yeux étaient encore rouges de sommeil, elle a passé ses petits bras autour de mon cou, en me disant « Maman, t’ème fo … » Et elle m’a fait un gros câlin. Est-ce qu’on peut parler de magie ? J’avais mon bébé, ma toute petite fille dans mes bras… tout l’amour que j’avais pour elle m’a explosé au visage. Je n’ai pas pleuré, mais j’ai senti une bouffée de chaleur qui montait du fond de mon ventre. Mon enfant…

Le reste de la journée s’est déroulé paisiblement. Nous avons joué ensemble, j’ai préparé son repas, elle m’a aidée à mettre la table, elle a joué dans son bain. Elle semblait apaisée. Moi aussi. Le soir, après sa petite histoire, elle s’est couchée tranquillement. Je suis revenue la regarder dormir, bras en l’air peau de lapin… Son souffle léger soulevait doucement son gros bidon. Ses petites jambes potelées. Ses cheveux blonds tout fins. Elle était si belle. Juste parfaite. Ma petite fille. Comment avais-je pu imaginer partir loin d’elle ?

Je n’aurais pas de réponse. Enfin si, je crois que je sais. La fatigue, l’épuisement, le quotidien d’une maman seule, dépassée parfois par les évènements. Depuis ce jour, la vie suit son cours. Il y a toujours des moments difficiles, bien sûr. Il y a surtout de bons moments, où ma Pimprenelle m’impressionne, me fait rire, m’émeut.

Si je voulais témoigner, c’est pour dire que ça peut arriver. J’aime ma fille de tout mon cœur. Pourtant, ce weekend-là, pendant plus de 48h, j’ai eu envie de l’abandonner…

Signé : une maman comme les autres.

*Le prénom a été modifié

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