Un mur, un tag, une expression

Créé le mercredi 14 janvier 2015 09:01

Notre spécialiste en art Aletheia (déesse de la vérité chez les Grecques) a eu envie de parler de la liberté d'expression à travers l'art. Avec le drame qui a touché Charlie Hebdo la semaine dernière et les milliers de dessins qui se sont dissiminés sur les murs du Monde, la jeune femme revient sur ce mode d'expression beaucoup plus ancien qu'on ne l'imagine : le street art.

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"Qu'est-ce que la liberté d'expression? Sans la liberté d'offenser, elle cesse d'exister."

Salman Rushdie

Pas besoin de rappeler les événements tragiques qui ont eu lieu du mercredi 7 au 9 janvier 2015. Ils ont souillés notre chère liberté d’expression. Les faits sont là, nous avons tous suivis de près (ou de loin, comme nous) l’avancée de cette horrible affaire. 17 morts, le monde entier blessé. Déclarations, dessins, articles, tous brandissent avec fierté le « Je suis Charlie », en hommage aux victimes.

Mais plus encore, le Street Art se fait porte-parole de la liberté d’expression. Les murs du monde entier témoignent aujourd’hui de l’indignation générale.

grenoble

« Charlibre », Grenoble

Petit cours d'histoire

L'expression « Street Art » désigne une forme d'expression culturelle, celle d'apposer sa marque sur un mur. C’est ce mouvement artistique contemporain que vous voyez tous les jours dans la rue, qui parfois vous interpelle : un graffiti en face de votre lieu de travail, le pochoir sur le mur de votre salle de sport... Il est généralement destiné à être vu par un large public. Et même si je sais que beaucoup sont partagés entre deux sentiments - vandalisme ? œuvre d’art ?, le Street Art reste néanmoins une manière de s’exprimer comme une autre.

Si je vous disais que le Street Art - même si le terme est récent - n’est pas un mouvement artistique contemporain, mais remonte à bien plus loin ? A Pompéi par exemple, de nombreuses illustrations ont été retrouvées, certains voulaient peut être laisser une trace de leur passage, d’autres juste tenir leurs comptes, comme c’est le cas de l’inscription retrouvée dans l’Edifice d’Eumachia : une liste de nombre écrits, malheureusement sans explication. Des inscriptions ont été également retrouvées sur l’Agora d’Athènes.
Les gens s’exprimaient déjà et ces messages - peut être aussi futile qu'une liste de nombres pour compter ses talents (monnaie grecque) - ont désormais une valeur historique considérable pour les chercheurs. Peut-être que dans quelques années, les graffitis que nous voyons tous les jours auront aussi leurs propres valeurs !

Dans les années 60 aux Etats-Unis, une prise en compte de l’environnement urbain dans la création artistique s’opère et les murs des villes se couvrent de graffitis (et de tags). 20 ans plus tard, le Street Art se diffuse en Europe avant de devenir un incontournable de la culture urbaine.


bansky

Banksy, artiste urbain, Bethléem

Des artistes de taille

Le grand précurseur de cet art urbain, le français Gérard Zlotykamien a écrit, en parlant de son travail, qu’il voulait « ouvrir quelque part quelque chose sur l'expression, la liberté. »

De ces « artistes de rue », Banksy est l’un des plus connus et le plus énigmatique. Dissimulant sa véritable identité, Banksy serait originaire des environs de Stoke au Royaume-Uni. Ses œuvres - le plus souvent il s'agit de peintures effectuées avec des pochoirs - sont maintenant exposées en galeries et même vendues ! En véritable « provocateur », il se sert de son art pour dénoncer, non sans humour et poésie les excès de la société. En France aussi, le célèbre artiste JR qui a recouvert le dôme du Panthéon de portraits, a débuté sa carrière en réalisant des graffitis. Il est aujourd’hui exposé dans le monde entier.

Et la Nouvelle-Calédonie n'est pas en reste. La ville de Nouméa propose régulièrement des lieux pour offrir la possibilité aux artistes de rue de s'exprimer. La FOL, du haut de sa colline, nous rappelle l'importance de ce moyen d'expression. Qui n'a jamais vu la phrase qui la décore "Sauvons la FOL" ? De plus en plus, les street artistes sont appelés pour embellir des bâtiments ou encore offrir des démonstrations en live comme par exemple Kuby souvent sollicité par des boîtes de nuit. L'artiste Michaël Husser a également révolutionné le monde du graffiti nouméan en réalisant des fresques gigantesques dans des maisons appelées à disparaître. Le concept Meeting the Wall a fait couler beaucoup d'encre. De l'art éphémère qui marque et inspire.

Ce ne sont pas les seuls à officier dans la rue, le graff attirant de nombreux jeunes en son sein. Si vous souhaitez découvrir cette forme d'art picturale, n'hésitez pas à vous renseigner auprès du Rex notamment.

meeting the wall

Plus d'infos sur Michaël Husser sur sa page Facebook.

kuby

Plus d'infos sur Kuby sur sa page Facebook.

Charlie dans la rue

L'art de rue est donc libre ; pas de codes, pas de règles. Le Street Art transforme les rues de la ville en de véritables musées à ciel ouvert. Il fait passer des messages.
Et aujourd’hui plus que jamais, le Street Art est Charlie.

reunion

Hommage à Charlie par Jace, street-artiste, Ile de la Réunion

La liberté d’opinion et d’expression est l’une des premières libertés fondamentales. Elle apparaît dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et est garantie dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle va de paire avec la liberté de la presse.

L’attentat à Charlie Hebdo, c’est un attentat contre la liberté.
Les Murs du Monde apparaissent comme un outil pour la mémoire.

paris
« Vous ne me tuerez jamais car je suis Charlie » par GregO5, Paris

lyon

Hommage à Charlie, Lyon

londres

« Les crayons sont plus forts que les balles », Londres

cabu marseilles

Cabu fait l’objet d’une fresque à Marseille

san fransciso

Hommage à Charlie, San Francisco

Outre les rassemblements, les dessins, les affiches « Je suis Charlie », les témoignages, le Street Art prouve que la liberté d’expression appartient à tous. Aujourd'hui, il prouve aussi que nous ne voulons plus jamais qu’elle soit bafouée.

Alors Merci Charlie.

 

 

 

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