Coup d’œil sur l’expo d’Adjé : « Elles me noient »

Créé le mercredi 3 août 2016 10:42

Des femmes chez les canards

Ou plutôt, des sculptures de femme. Notre Poulpe à nous s’est intéressée à une exposition signée Adjé, sur l'île aux Canards. Elle vous raconte tout.

Quand il faut prendre un bateau pour aller voir une expo, déjà, ça commence bien. Car tout ce qui est prétexte à prendre un bateau, c’est bien. Même s’il faut payer 1200 francs par personne pour la traversée jusqu’à l’Île aux Canards… Mais bon, ça peut être l’occasion de nous rappeler que nous avons, à 4 minutes et 27 secondes du parking de l’Anse-Vata, un îlot paradisiaque, du genre de ceux que nos potes métropolitains rêvent de voir un jour. Un jour, peut-être...

Et nous, on n’y va quasi jamais, car c’est un « truc de touristes ». Mais rappelons-nous qu’il y a là-bas un snack qui est de mieux en mieux (hommage aux tartines au saumon du chef), et une plage où buller entre copines et mojitos, et même de l’eau, pleine de poissons d’aquarium, bien qu’elle soit « glacée ». NB : en Calédonie, une bière « glacée » tourne autour de 4 degrés. Une mer glacée, elle, en fait 24. Ce qui correspond au record de chaleur de l’eau de l’Océan Atlantique sur la Côte Basque, en été.


C'est beau l'ile aux Canards. Même la nuit.

De l’art dans le sable

Et donc, entre les transats, les tortues, les cafés gourmands et les garçons de plage presque tout nus, il y a des sculptures. En fait, toute l’année il y a des sculptures, et si ça fait un bail que vous n’êtes pas allées là-bas, vous allez être estomaquées en voyant la collection que le gérant du lieu, Thierry Rossignol, a accumulé ces dernières années. Et il y a du lourd : du Romane Z, du Mathieu Venon, du Fabrice Ballay, un pingouin géant, du Adjé, etc. Vous ne connaissez pas ces artistes ? Tant mieux, c’est toujours un bonheur de réaliser qu’il nous reste toujours plein de trucs beaux, intéressants ou bouleversants à découvrir.

Adjé, ce sculpteur dont le nom ressemble à un éternuement réprimé, c’est un vieux de la vieille. Il a eu une vie de fou, de gauche à droite du monde. Né au Maroc, endurci dans les banlieues toulousaines, arc-bouté sur des chantiers du désert turc, embarqué dans l’avènement des radios libres au Brésil, il vit avec nous depuis presque trente ans, mais surtout, il fait de la sculpture en métal. Notamment en inox marin, un des trucs les plus difficiles à tailler, et en bronze, car c’est souvent lui qu’on appelle pour rénover des monuments historiques comme la cloche de l’église de l’île Ouen ou la statue du Poilu de Voh.

Dames de fer

Tous les deux-trois ans, Adjé pond une expo qui devient un événement. Le monsieur s’amuse, avec talent, et avec la reconnaissance quasi unanime du public et des gens du métier. Et donc, là, il s’attaque à un de ses sujets préférés : les femmes.

Dans « Elles me noient », il y a de tout : des sculptures minimalistes, des très réalistes, des un peu kitch, des massives, des dentelées, des avec des messages pour sauver le monde et d’autres sans autre message que « je suis bonne ». Leurs titres sont « La Fée clochette », « Wonderwoman », « Papaoutai », « La Pute à Daesh » (so cute), « Grand écart », « Mannequin », « L’Indienne », « La Disciple de Râ », etc.

 
Quelques oeuvres exposées

La chance que vous n’aimiez aucune d’entre elles est riquiqui. Mais si besoin d’être sûre que le jeu en vaut la navette, vous pouvez voir certaines des oeuvres exposées sur la page Facebook de l’expo (ADJEellesmenoient).

Après, des sculptures, c’est fait pour être vues en vrai, et même être touchées (on n’a pas le droit, normalement, mais si vous dîtes que vous venez de la part de Melle L, ça devrait passer. Le garçon de plage se demandera sans doute ce que c’est que cette histoire de Melle L et finira par vous laisser faire). Et au pire, si l’expo ne vous plaît pas, vous n’aurez quand même pas perdu votre journée car vous aurez été à la mer.

En revenant sur terre, on est contente d’avoir vu un tel hommage à la féminité, même si bien sûr ça ne reste que le point de vue d’un homme spécifique. Et puis on se dit qu’un nouveau challenge pourrait consister en essayer de faire d’aussi belles sculptures, mais à base de corps et de visages moins parfaits. Il est peut-être encore temps d’harceler Adjé, car il doit créer de nouvelles pièces pour la tournée en Brousse de cette expo. Allez Adjé, s’il te plaît, tu voudrais pas nous prendre comme modèles ?

L’exposition « Elles me noient » se tiendra jusqu’au 21 août sur l’Île aux Canards, avant une tournée en Brousse jusqu’à la fin de l’année.

Départ du Faré de l’Anse-Vata toutes les 10 minutes. Tous les jours entre 8 h 30 et 17 h 30 / Tél. 26.90.00. Pus d’infos sur : www.facebook.com/ileauxcanards et www.facebook.com/ADJEellesmenoient

Artiste invité : Dep.

Crédits photos : Marc Le Chélard.

signature poulpe

 

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