Mon chien Chagrin

Créé le mardi 18 avril 2017 11:16

Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Sauf que parfois, il y a des bas qui font plus mal que d’autres. Des « bad bad bad bad bas ». Un peu comme une version déprimée de « chabada bada ». Alors certes, après la pluie vient le soleil, mais quand on est dans une période de moral à zéro enterré dans des chaussettes à six pieds sous terre, on fait comment ?

Et bien on accepte. Exemple avec une de nos lectrices, Mademoiselle Sam.

Pour résumer (beaucoup) j’allais parfaitement bien jusqu’à ce qu’un être humain de genre masculin m’inflige une grosse contrariété. Mais alors une GROSSE contrariété. Le truc, tu te dis « Nan, il a pas fait ça ??? » Et ben si, il l’a fait. Et comme je l’aimais beaucoup bien, l’Etre Humain, ça fait mal… Pan dans mes dents. Déjà, je vous rassure, « il » est toujours en vie. Enfin… je crois. (Mais on lui conseille de prendre garde à ses fesses, ndlr) Moi, de mon côté, je vais beaucoup mieux. Et j’aimerais partager mon expérience avec vous, on ne sait jamais, ça peut servir. Parce que dans les situations difficiles, on passe à peu près tous par les mêmes étapes…

Première étape : le choc et le déni.

Pour ma part, étape parcourue en un temps record. Le choc oui, le déni, non. Y’a un moment, quand on a des preuves sous les yeux, faut se rendre à l’évidence. Passons donc tout de suite à l’étape suivante.

Naaaaaaan c’est pas vraiiiiiiii ?

Deuxième étape : la colère.

Dans cette étape, par contre, j’ai bien musardé... Moi qui suis d’habitude polie- serviable-bien élevée, je n’ai pas desserré les mâchoires pendant une semaine… Et surtout, j’ai fait vivre l’enfer aux autres …

Dans la rue, une dame d’un certain âge :

- Faites attention, vous roulez trop vite, vous avez failli me rentrer dedans !
- Ouais c’est bon, y’a rien !
- Mais enfin, c’est dangereux !
- Oh tu veux quoi, qu’on signe un constat de presque accident ???

Au supermarché, la dame de la caisse, en rigolant parce que je faisais tomber mon portefeuille pour la troisième fois:

- Et bien, quand ça veut pas, ça veut pas.
- (moi, visage dur et fermé) : Je vous ai demandé un commentaire?

A mes amis qui me conseillaient de relativiser :

- Oui, l’Etre Humain a fait de la merde, mais bon, tu devrais peut être lui laisser une chance, il est humain…
- Putain ta mère kesstumeveux fuck putain ? Il est surtout totalement à côté de ses putain de couilles, le putain de p’tit con de troll de merde!!!

Et ça, pendant une bonne semaine, matin midi et soir. Déjà, pardon à tous ces gens. Je vous jure que d’habitude, je suis vraiment gentille, et que ce n’était pas moi, c’était la colère qui a mis beaucoup beaucoup d’agressivité dans le dedans de moi. D’ailleurs, la meilleure preuve, c’est qu’en temps normal, je ne dirais JAMAIS le mot « C@=illes». Et que je ne tutoie pas les gens, non plus. Et que je n’insulte pas les piétons. Et que… non, en fait, je ne vais pas vous dire TOUT ce que j’ai fait. Mais pardon.

Mon conseil pour cette étape ? Euh ? Allez couper du bois ? Ou mettez-vous à la boxe thaïe pour évacuer cette amertume, parce que mazette, c’est pas joli joli… En tous cas, c’est peut être le moment de ne PAS voir trop de gens mais de bouger beaucoup.

Je suis presque caaaaaaaaaaaalme

Troisième étape : la tristesse.

Une fois la colère dissipée, une nouvelle phase s’est installée dans la durée. La douleur. Allo maman Bobo. Oui, l’Etre Humain m’a fait du mal. Oui, ça m’a mis en colère. Non, je ne pourrai pas lui pardonner. Mais ça n’empêche pas, ça fait mal quand même…

Pendant de longues journées, j’ai eu l’impression de me noyer dans ma mélancolie. Je me levais en soupirant, je me couchais en soupirant, je mangeais en soupirant, je soupirais en soupirant. J’avais tellement de chagrin que j’avais l’impression de promener ma tristesse partout avec moi. Alors j’ai inventé un chien imaginaire, que j’ai appelé… Chagrin. Mon chien Chagrin et moi, on faisait tout ensemble. Il était toujours là, fidèle au poste, juste à côté de moi, à me regarder avec ses grands yeux tristes, comme pour me rappeler que non, ça n’allait pas. Du tout.

Mon conseil pour cette étape: Vous aussi, adoptez Chagrin. Et promenez-le. Ca aère l’esprit de sortir de chez soi…

Je vous présente Chagrin le chien.

Quatrième étape et cinquième étape : l’acceptation et la reconstruction.

Au bout d’un (loooooong) moment, Chagrin a commencé à faire des petites fugues dans la journée. Il faut dire que j’ai tout fait pour avoir un planning bien chargé. J’ai recommencé à voir des gens (après leur avoir présenté mes plus plates excuses, cf deuxième étape.) J’ai accepté tous les apéros qui trainaient, j’ai revu des amis un peu perdus de vue, j’ai fait de mon mieux pour me tenir occupée. Et ça a marché. Chagrin s’est absenté, d’abord quelques heures, puis de plus en plus longtemps. Et un jour, j’ai réalisé que mon chien était parti…

Et voilà. Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux. L’Etre Humain, je préfère qu’il reste à sa place, mais au moins, je ne passe pas par toute la palette des émotions et des couleurs quand je pense à lui. Tout ça, ça a pris du temps. Beaucoup de temps. Mon conseil ? Acceptez les étapes, n’essayez pas de les brûler. Après tout, si on passe par là, ce n’est peut être pas pour rien. C’est comme ça. C’est la vie. Et globalement, la vita e bella.

Mademoiselle Sam

Partager sur

Vous aimez cet article?

Ajouter un Commentaire






Code de sécurité
Rafraîchir


*Votre adresse email ne sera pas affichée publiquement*

madtv

vie-illustree



Mademoiselle L, le premier webzine féminin de Nouvelle-Calédonie, mode, shopping, actualités.
Vous y trouverez des bons plans, des bonnes affaires mais aussi des conseils.

Mademoiselle L c'est aussi un lieu où on se retrouve entre femmes, entre copines, entre pétrels, où l'on s'entraide,
où l'on rigole, où l'on se détend. Pssst, Mademoiselle ! Viens nous voir !